On vient au kendo pour le sabre. On y reste pour autre chose. Voici, sans promesse excessive, ce que cet art martial travaille réellement chez ceux qui le pratiquent.

Ce que le corps y gagne

Le kendo est un sport exigeant, et cela surprend souvent les nouveaux venus. Une séance enchaîne des efforts brefs et intenses : on se déplace en glissant, on frappe, on repart. Le travail est cardiaque autant que musculaire.

  • La posture. Le kendo se pratique dos droit, épaules basses, regard loin. Cette position, tenue une heure par séance, se réinstalle peu à peu dans la vie ordinaire.
  • Le souffle. Le kiai n’est pas un cri de colère mais une expiration complète. On apprend à respirer par le ventre, à tenir un effort sans s’asphyxier.
  • La coordination. Frapper juste suppose que les pieds, les hanches, les mains et la voix partent ensemble. C’est long à obtenir, et c’est exactement l’intérêt.
  • Le pied et la jambe. Pratiqué pieds nus sur parquet, le kendo renforce les appuis et les chevilles comme peu de sports.

Ce que l’esprit y travaille

Face à un partenaire en armure, à un mètre cinquante, il n’y a pas de place pour la distraction. L’attention est entière ou la frappe passe. Cette concentration n’est pas un discours : elle est obligatoire, séance après séance, et elle s’entraîne comme un muscle.

Le kendo enseigne aussi une chose plus rare : on salue celui qui vient de nous toucher. Le respect n’est pas une politesse ajoutée à la pratique, il en fait partie. On commence et on finit par un salut, on ne conteste pas, on ne se vante pas.

Pour un enfant

Le kendo convient particulièrement aux enfants à qui il faut un cadre clair. Tout y est ritualisé : l’entrée dans la salle, le salut, la place de chacun, le rangement du matériel. Ce cadre ne brime pas, il rassure — et il apprend à canaliser l’énergie plutôt qu’à la contenir.

C’est aussi un sport où la force physique ne décide de rien. Un enfant menu qui frappe juste touche un adulte. Peu de disciplines offrent cela à un enfant qui se croit désavantagé.

À Montivilliers, les enfants sont accueillis à partir de sept ans, le mardi et le vendredi de 17 h 30 à 19 h. L’armure leur est prêtée.

Pour un adulte

Beaucoup arrivent au kendo à trente, quarante ou cinquante ans, sans passé sportif. C’est possible parce que la progression n’est pas une course : on avance à son rythme, et le niveau se mesure à la justesse, pas à la vitesse.

Deux choses reviennent souvent dans la bouche des pratiquants adultes. La première : pendant une heure et demie, on ne pense à rien d’autre — c’est une déconnexion que peu d’activités procurent. La seconde : on progresse encore à cinquante ans, ce qui n’est pas vrai partout.

Il n’y a pas d’âge limite

C’est sans doute la particularité la plus frappante du kendo : on le pratique toute sa vie. Dans les stages, il n’est pas rare de croiser des septième dan de soixante-dix ans, encore à l’aise face à des pratiquants trois fois plus jeunes. Le sabre récompense l’expérience.

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